La gestion des connaissances, c’est un peu, beaucoup comme l’apiculture


Toute petite, les abeilles m’ont fascinée. Petite-fille et fille d’horticulteurs, j’ai été élevée parmi les fleurs que bûtinaient les abeilles. D’avril à novembre, elles étaient omniprésentes. Je les ai longuement observées. Ainsi, lorsque nous avons aménagé dans un sanctuaire écologique des Hautes Laurentides, je n’ai pas eu de difficulté a convaincre mon conjoint que nous devenions un couple d’apiculteurs.

L’apiculture est plus de cinq fois millénaire. L’homme, en observant ces insectes aux fonctions « sociales » très évoluées a compris entre autres à quel moment récolter le miel, comment favoriser la pérennité de la ruche, à décoder certains comportements de l’abeille et de la ruche. Il a surtout appris à respecter l’écosystème de chaque rucher. L’industrialisation et l’évolution des « sciences » tant chimiques que biologiques ont introduit de nouvelles menaces (pesticides, parasites et autres) dont les apiculteurs doivent tenir compte et chercher à minimiser leurs impacts à la fois sur les abeilles et sur les ruches afin que nos enfants puissent continuer à  se régaler du miel. Ainsi, lorsqu’on me demande «Qu’est-ce au juste la gestion des connaissances?», je me sers de cette merveilleuse métaphore.

L’organisation est comme un rucher. Elle est constituée de groupes (les ruches) et d’individus (les abeilles) qui interagissent pour produire des biens et offrir des services (du miel) essentiels à la pérennité (la survie) de l’organisation.

Gérer les connaissances, c’est comme l’apiculture. Les gestionnaires des connaissances (les apiculteurs) observent et interviennent, le cas échéant, soit sur le rucher dans son ensemble, sur une ruche localement ou, encore, sur une abeille en particulier. Tout cela est fait dans le but de produire des biens et d’offrir des services de qualité (le miel) à ses clientèles. Pour faire le miel (les produits et les services), il ne s’agit pas seulement de connaître les différents processus de fabrication, étapes par étapes, mais aussi de maintenir le système vivant. Il doit se regénérer (par exemple grâce à a gestion de la relève et au transfert des connaissances).

Chaque individu, en fonction de ses rôles (reine, butineuse, éclaireuse, faux-bourdon, etc.), crée et recueille des informations et des connaissances, les dissémine, les utilise et les transfert.