Retour sur le spectre du savoir : données, information, connaissances et sagesse


Je viens de faire une intervention dans le blogue de Démocratie Ouverte à l’occasion de la publication de leur charte.

Ce commentaire est en cours de modération : « À mon humble avis, votre article 9 est trop « opérationnel » et ne cadre pas avec le niveau d’une charte. Données, information, connaissances et sagesse sont tous des indices d’un axe de développement contextuel qui combine la maturité de compréhension et la complexité des relations. Le logiciel serait l’explicitation du savoir-faire. L’article 9 serait plus clair et en phase s’il définissait et distinguait l’ouverture comme le fait si bien l’Open Knowledge Definition (conformité de l’ouverture).»

Spectre du savoir
Extrait allégé de ma thèse (2007)

Les connaissances, l’information et les données font partie d’un continuum de stades qui conjugue la compréhension, la complexité des liens et le contexte (… ). C’est la perspective la plus répandue en sciences et technologies de l’information et des communications (… ). Cette représentation est aussi nommée « spectre du savoir » (… ).

Le spectre du savoir commence par des données, c’est-à-dire des faits, des nombres, etc. Les niveaux de compréhension et de complexité de liens entre les données sont faibles. Ils laissent peu de place à l’interprétation et sont décontextualisés. Lorsque ces données sont interprétées et organisées, c’est l’information. À ce stade, les liens entre les données sont alors mieux compris et certains contextes peuvent être pris en compte.

Graduellement, des liens de plus en plus complexes s’ajoutent à l’information comme le sens (… ) et les contextes (… ) pour devenir connaissance. On appelle généralement « connaissances » l’information enrichie et mise en contexte. Au sommet du continuum, on retrouve la sagesse, c’est-à-dire des connaissances liées au jugement (… ). Les niveaux de compréhension et de connexité y sont très élevés. À l’autre extrémité du continuum, il y a le chaos qui représente l’absence de compréhension, de liens et de contexte. Il se situe à l’intersection des trois axes du spectre du savoir, soit cognitif, relationnel et contextuel (… ).

Notre Figure 3 (p. 26), inspirée de Bellinger (2000b), illustre ce continuum sur trois axes : cognitif, relationnel et contextuel. L’axe cognitif, à l’horizontale, représente les niveaux de compréhension tandis que l’axe relationnel, à la verticale, représente les niveaux de complexité des liens. L’axe central, à la diagonale, représente le contexte qui relie les deux autres axes. Sur cet axe, les stades de données, d’information, de connaissances et de sagesse correspondent aux différents niveaux de compréhension, de complexité des liens et du contexte. L’ensemble de ces stades représente le continuum du spectre du savoir.

Ainsi, notre étude descriptive considère les connaissances à la fois comme un continuum et un processus qui combinent simultanément l’apprentissage et l’action entièrement situés dans l’espace et le temps, c’est-à-dire dans un contexte (… ).

Source : <a href="https://www.zotero.org/groups/these_2007/items/itemKey/UI7T7SGQ">Le transfert informel des connaissances tacites chez les gestionnaires municipaux en situation de coordination (Mercier, 2007 : 25-26).

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