Femmes d’influence québécoises : sources d’inspiration pour la Côte d’Ivoire 3


Carine Mobio, stagiaire auprès du Réseau international Femmes de Metropolis, a présenté les conclusions de sa recherche sur les femmes et la gouvernance locale aux participantes et à des sympathisantes le 25 août dernier. Carine est une jeune ivoirienne dynamique et soucieuse de la vie des femmes dans son pays.
Cette recherche lui permettra de soumettre des recommandations aux instances de la Côte d’Ivoire inspirées d’expériences montréalaises et québécoises dans le but d’améliorer la représentativité des femmes dans les collectivités territoriales de ce jeune pays. Les Ivoiriennes ont obtenu le droit de vote en 1952, mais elles sont peu représentées par exemple comme maires, présidentes de conseils généraux d’organismes régionaux, parlementaires, ministres ou, encore, comme présidentes d’association.
Les conclusions de cette recherche jettent un oeil nouveau sur la réalité des femmes engagées au Québec. Elles mettent en évidence certaines compétences à développer par celles qui désirent mener et influencer soient le savoir faire-faire et le faire savoir.
Ivoiriennes

La chercheure a interviewé 46 femmes actives en gouvernance locale et 6 hommes : élu(e)s et ex-élu(e)s, gestionnaires et professionnel(le)s des secteurs publics et associatifs. Le questionnaire était composé de quatre catégories de questions :

  1. Participation et accès des femmes aux postes électifs et nominatifs
  2. Autonomisation et renforcement des capacités des femmes dans la vie publique et politique
  3. Gestion des collectivités territoriales et développement local
  4. Mixité dans la gouvernance locale

L’analyse a fait ressortir, à partir des témoignages, des pratiques et des réflexions d’amélioration qui sont regroupées en trois grandes catégories : externe (obstacles et points d’appui); interne (barrières et forces personnelles) et mixte (liens externes-internes). Il se dégage aussi des conditions de succès pour leur engagement notamment, l’appui du conjoint et du réseau familial, la formation en leadership et en communication et l’expérience syndicale, par exemple pour négocier, argumenter et défendre un point de vue. Les élu(e)s ont souligné l’appui de gestionnaires et de professionel(le)s.

Tous ces témoignages se transposent dans un modèle à triple hélice pour influencer le milieu mettant en jeu et en interaction les politiciennes, les gestionnaires et les professionnelles.

Triple hélice politiciennes-gestionnaires-professionnelles

Dans leurs expériences en gouvernance locale, ces femmes ont appris des leçons d’intérêt personnel telles que de se forger une carapace pour contrer le manque de respect sournois; de faire face au déséquilibre relationnel et familial qui est un facteur déterminant dans la poursuite de la carrière et de se bâtir un bon réseau pour l’après-fonction. Elles ont aussi appris des leçons d’intérêt fonctionnel : développer le sens de l’écoute, savoir choisir ses batailles, se concentrer sur l’essentiel, rester proche de ses convictions, renforcer la solidarité entre les femmes pour leur positionnement et, enfin, forger des alliances avec des hommes solidaires.

Carine Mobio et des participantes à la recherche
Carine Mobio et quelques participantes à la recherche, 25 août 2010

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